
Contrairement à l’idée reçue, la protection contre le coup de froid ne dépend pas du choix binaire « séchante ou polaire », mais de la maîtrise de la physique des textiles et de leur capacité à gérer l’humidité.
- Une couverture polaire simple sature rapidement, piège l’humidité et crée une couche froide et humide directement contre la peau du cheval, annulant son pouvoir isolant.
- Une couverture séchante technique est conçue pour transférer activement la vapeur d’eau loin du corps grâce à sa structure, empêchant la condensation et accélérant le séchage.
Recommandation : Privilégiez toujours une couverture à structure alvéolée (nid d’abeille) ou bi-matière qui crée un microclimat. Ne vous fiez pas à la surface : vérifiez que la peau est sèche en profondeur avant tout changement de couverture.
Pour tout propriétaire dont le cheval transpire abondamment après une séance de travail, surtout en hiver, le retour au box est synonyme d’un dilemme bien connu. Le poil est humide, l’air est froid, et la crainte du « coup de froid » devient une préoccupation majeure. Face à cette situation, le choix de l’équipement semble se résumer à une question simple : faut-il opter pour une couverture polaire classique, économique et douce, ou investir dans une couverture séchante spécifique, souvent plus onéreuse ? Les solutions traditionnelles, comme le bouchon de paille pour frictionner l’animal, ont leur utilité mais ne résolvent pas le problème de fond une fois le cheval au repos.
La discussion se concentre souvent sur les matériaux, mais c’est une vision incomplète du problème. La véritable clé ne réside pas dans le choix binaire entre deux types de couvertures, mais dans la compréhension d’un principe physique fondamental : la gestion du gradient de vapeur d’eau. Lorsqu’un cheval transpire, son corps libère de l’humidité sous forme de vapeur. Si cette vapeur est piégée par un tissu non respirant ou saturé, elle se condense au contact de l’air plus froid et redevient liquide. C’est le fameux « point de rosée interne », qui crée une couche d’eau froide directement sur la peau de l’animal, anéantissant l’isolation thermique de son poil. Le risque de choc thermique devient alors maximal.
Cet article propose de dépasser le débat superficiel pour vous armer d’une compréhension technique. Nous allons d’abord déconstruire les mécanismes thermiques et physiques qui régissent le séchage d’un cheval. Ensuite, nous explorerons huit points cruciaux concernant l’équipement, de la protection des membres en transport à la sécurité du cavalier, afin de vous permettre de faire des choix éclairés, basés non pas sur l’habitude, mais sur l’efficacité réelle pour le confort et la sécurité de votre partenaire équin.
Pour naviguer à travers ces points essentiels, voici un aperçu des sujets que nous allons aborder. Chaque section est conçue pour répondre à une question précise que se posent les propriétaires soucieux du bien-être de leur cheval.
Sommaire : Guide complet de l’équipement équin pour le confort et la sécurité
- Guêtres hautes ou basses : faut-il protéger les jarrets dans le van ?
- Corde ou plat : pourquoi le licol en corde est-il un outil de travail et non d’attache ?
- Bonnet anti-mouches ou insonorisant : lequel choisir pour un cheval stressé en concours ?
- L’erreur d’utiliser une sangle néoprène sur un cheval qui a la peau fine (échauffement)
- Caoutchouc ou néoprène : quelle cloche ne tourne pas et protège les glomes ?
- L’erreur de trop couvrir son cheval en hiver (et comment savoir s’il a froid)
- Permis B, B96 ou BE : quel permis faut-il pour tracter votre van ?
- Gilet airbag ou dorsale classique : quel équipement protège vraiment la colonne en cas de chute rotatoire ?
Guêtres hautes ou basses : faut-il protéger les jarrets dans le van ?
Le transport est une source de micro-traumatismes souvent sous-estimée. Un cheval doit constamment ajuster son équilibre, sollicitant intensément ses membres. La question de la protection se pose alors : faut-il opter pour des protections basses, qui couvrent boulet et canon, ou des guêtres de transport hautes, qui englobent également les genoux et les jarrets ? Si les protections basses sont suffisantes pour un court trajet sur terrain plat, la protection haute devient une quasi-nécessité pour les longs voyages ou les routes sinueuses. En effet, c’est lors des freinages, des virages ou des transferts de poids que les articulations supérieures sont les plus exposées aux chocs contre les parois du van.
Les chiffres confirment ce risque : une étude française a révélé que près de 73% des blessures de transport concernent les membres inférieurs, incluant les zones du jarret et du genou. L’environnement du trajet joue un rôle déterminant, comme le prouve une étude de cas menée en Auvergne-Rhône-Alpes, qui a montré que les trajets sur routes sinueuses multiplient par 2,8 le risque de déséquilibre majeur par rapport à un trajet sur autoroute. Le choix dépend donc d’une analyse de risque : pour un trajet de plus d’une heure ou hors des grands axes, la protection haute est un investissement judicieux pour la sécurité.

Comme le montre cette image, les matériaux modernes comme le néoprène ou les doublures en polaire offrent un compromis entre protection contre les chocs et confort. Les guêtres hautes préviennent non seulement les atteintes directes, mais limitent aussi les engorgements en exerçant une légère contention. C’est une assurance contre les blessures qui peuvent compromettre une saison de compétition ou simplement le bien-être de l’animal.
Corde ou plat : pourquoi le licol en corde est-il un outil de travail et non d’attache ?
Le licol en corde, souvent appelé « licol éthologique », est devenu un équipement courant dans les selleries. Cependant, son utilisation est fréquemment mal comprise, menant à des situations potentiellement dangereuses. La différence fondamentale entre un licol en corde et un licol plat en nylon ou en cuir réside dans la répartition de la pression. Le licol plat possède une surface large qui distribue la pression sur une plus grande zone de la tête du cheval, ce qui le rend plus confortable et plus sûr pour l’attache. En cas de panique, si le cheval tire au renard, un licol plat est conçu pour céder ou, du moins, pour minimiser les blessures.
À l’inverse, le licol en corde est fin et noué en des points stratégiques. Sa conception vise à appliquer une pression ciblée et précise sur des zones sensibles de la tête du cheval. Cette précision en fait un excellent outil de communication et d’éducation pour le travail à pied. Il permet de transmettre des signaux subtils et d’obtenir des réponses fines. Cependant, cette même caractéristique le rend extrêmement dangereux pour l’attache. Comme le souligne le Dr. Marie Dubois, vétérinaire équin, lors du Congrès vétérinaire équin de Lyon :
Un licol en corde exerce une pression jusqu’à 4 fois supérieure sur des points anatomiques précis comparé à un licol plat de même tension.
– Dr. Marie Dubois, vétérinaire équin, Congrès vétérinaire équin de Lyon 2024
Cette concentration de force peut causer de graves lésions aux nerfs, aux os ou aux cervicales si le cheval panique et se débat violemment. Un licol en corde ne cassera pas ; c’est le cheval qui se blessera. Il est donc impératif de réserver le licol en corde au travail sous surveillance et de toujours utiliser un licol plat avec un point de rupture (ficelle ou mousqueton de sécurité) pour l’attache, que ce soit au box, dans un van ou à l’aire de pansage.
Bonnet anti-mouches ou insonorisant : lequel choisir pour un cheval stressé en concours ?
Le paddock d’un concours est un environnement sensoriellement riche : annonces au micro, musique, applaudissements, mouvements des autres chevaux… Pour un cheval sensible ou stressé, cette surcharge d’informations peut nuire à la concentration et à la performance. Le bonnet, initialement conçu pour protéger des insectes, a évolué pour devenir un outil de gestion du stress. Le choix se pose alors entre un bonnet simple en coton, un modèle avec oreilles en néoprène ou encore des versions avec mousse acoustique. Lequel est le plus adapté et, surtout, autorisé ?
Le choix doit être guidé par la source du stress. Si le cheval est principalement dérangé par les insectes, un bonnet classique suffit. S’il réagit fortement aux bruits, un modèle insonorisant est indiqué. Cependant, il faut être vigilant quant à la réglementation FFE, qui varie selon les disciplines. Si les bouchons d’oreilles seuls sont interdits en compétition, les bonnets insonorisants sont généralement tolérés en CSO et Hunter, mais peuvent être refusés en dressage où le contact et la réactivité du cheval doivent être parfaits. Il est crucial de vérifier le règlement en vigueur avant l’épreuve.
Le tableau suivant, basé sur les offres du marché français, synthétise les options pour vous aider à choisir :
| Type de bonnet | Réduction décibels | Autorisé FFE | Prix moyen |
|---|---|---|---|
| Anti-mouches simple | 0-5 dB | Toutes disciplines | 15-35€ |
| Insonorisant néoprène | 15-20 dB | CSO et Hunter uniquement | 45-65€ |
| Mousse mémoire acoustique | 20-25 dB | Non autorisé en dressage | 75-95€ |
| Bouchons d’oreilles seuls | 25-30 dB | Interdit compétition | 20-30€ |
Au-delà de la simple atténuation sonore, le bonnet peut aussi avoir un effet proprioceptif. Le contact léger et constant sur la tête peut aider certains chevaux à se focaliser, agissant comme une sorte de « cocon » rassurant. L’idéal est de tester les différentes options à l’entraînement pour voir celle qui apaise le plus votre cheval sans altérer sa disponibilité.
L’erreur d’utiliser une sangle néoprène sur un cheval qui a la peau fine (échauffement)
La sangle est un point de contact crucial et souvent source d’inconfort. Le néoprène, matériau synthétique apprécié pour sa facilité d’entretien et son faible coût, est pourtant une cause fréquente de problèmes cutanés, particulièrement chez les chevaux à la peau fine et sensible. Le principal défaut du néoprène est son manque de respirabilité. Pendant l’effort, la zone du passage de sangle transpire abondamment. Le néoprène piège cette humidité et cette chaleur, créant un environnement propice aux frottements, aux irritations et au développement de problèmes dermatologiques comme la gale de boue ou les folliculites.
Une enquête menée auprès de 300 propriétaires en France a montré que 68% des chevaux à peau fine développent des irritations avec une sangle néoprène utilisée plus de trois fois par semaine. Le frottement combiné à la sueur macérée « brûle » littéralement l’épiderme. Pour ces chevaux, il est impératif de se tourner vers des matériaux naturels et respirants. Le cuir doublé de veau ou le mouton véritable sont d’excellentes alternatives. Bien que plus onéreuses à l’achat et demandant plus d’entretien, elles permettent à la peau de respirer, évacuent l’humidité et réduisent considérablement les frottements.
Voici un aperçu des alternatives et des soins à apporter pour les peaux les plus sensibles :
- Sangle en cuir doublé veau : Offre un excellent compromis entre maintien et douceur. L’entretien hebdomadaire au savon glycériné est indispensable pour conserver sa souplesse.
- Fourreau ou sangle en mouton véritable : Le choix de prédilection pour les peaux hyper-réactives. La laine de mouton a des propriétés thermorégulatrices et antibactériennes naturelles. Elle est lavable en machine (cycle laine à 30°C).
- Sangle en gel ventilé nouvelle génération : Ces modèles sont conçus avec des perforations pour améliorer la circulation de l’air. C’est une bonne option synthétique, à condition de la nettoyer à l’eau claire après chaque utilisation.
Un protocole de soin post-travail est également bénéfique. L’application d’une fine couche d’argile verte pendant 20 minutes peut aider à apaiser l’échauffement, tandis qu’une crème à base de Calendula ou d’aloe vera appliquée quelques heures après favorise la régénération de la peau.
Caoutchouc ou néoprène : quelle cloche ne tourne pas et protège les glomes ?
Les cloches sont essentielles pour protéger les glomes et la couronne des chevaux qui ont tendance à « se marcher dessus » ou à forger. Cependant, un problème récurrent agace de nombreux cavaliers : les cloches qui tournent, plaçant la zone de renfort sur le côté et laissant les glomes exposés. Le choix du matériau et du design est donc doublement important : il doit garantir une protection efficace contre les impacts et une stabilité optimale sur le pied. Le caoutchouc et le néoprène sont les matériaux les plus courants, mais des alternatives comme le cuir ou le TPU (polyuréthane thermoplastique) gagnent en popularité.
Pour lutter contre la rotation, les fabricants ont développé des systèmes « no-turn ». Le plus courant est un petit ergot en caoutchouc souple à l’intérieur de la cloche qui vient se caler dans le creux des glomes. Des études menées en France montrent cependant que leur efficacité varie : les systèmes à ergots internes réduisent de 78% les rotations sur des pieds larges et ronds, mais leur efficacité chute à 45% sur des pieds plus étroits et verticaux. Un design de cloche asymétrique, plus court à l’avant et plus long à l’arrière, s’avère souvent plus universel, avec une efficacité moyenne de 65% sur tous les types de pieds.
Voici un comparatif des matériaux pour vous aider à faire votre choix en fonction de vos priorités :
| Matériau | Durabilité | Protection impact | Entretien | Prix moyen |
|---|---|---|---|---|
| Caoutchouc classique | 2-3 ans | Bonne | Rinçage simple | 25-40€ |
| Néoprène renforcé | 1-2 ans | Moyenne | Séchage obligatoire | 35-55€ |
| Cuir/Kevlar | 4-5 ans | Excellente | Graissage mensuel | 75-120€ |
| TPU nouvelle génération | 3-4 ans | Très bonne | Minimal | 55-85€ |
En résumé, pour une protection maximale et une bonne durabilité, le cuir/Kevlar et le TPU sont supérieurs, mais plus chers. Le caoutchouc reste un excellent rapport qualité/prix pour une utilisation quotidienne. Le néoprène, quant à lui, est à réserver aux chevaux n’ayant pas la peau sensible et doit être séché rigoureusement pour éviter les irritations.
L’erreur de trop couvrir son cheval en hiver (et comment savoir s’il a froid)
Avec l’arrivée du froid, l’instinct de nombreux propriétaires est de surprotéger leur cheval en le couvrant excessivement. Si l’intention est louable, la sur-couverture est une erreur courante qui peut être plus néfaste que bénéfique. Un cheval possède un système de thermorégulation naturelle extrêmement performant. Son poil d’hiver, plus long et dense, emprisonne une couche d’air isolante. S’il est couvert en permanence avec un grammage trop élevé, ce mécanisme naturel est mis en veille. Le cheval perd sa capacité à s’adapter aux changements de température, ce qui peut affaiblir son système immunitaire et le rendre plus vulnérable.
De plus, la sur-couverture entraîne une transpiration excessive sous la couverture, créant un microclimat humide propice au développement de problèmes de peau (dermatophilose, mycoses). L’observatoire économique Equicer a même chiffré cet impact : une sur-couverture augmente de 35% les frais vétérinaires liés aux problèmes cutanés sur une saison hivernale. Savoir si son cheval a réellement froid est donc essentiel. Le test classique consiste à glisser la main sous la couverture au niveau du garrot : la zone doit être tiède, ni chaude et humide, ni froide. Mais d’autres signes, plus subtils, sont à surveiller.
Plan d’action pour vérifier le confort thermique de votre cheval
- Contrôle sous le poil : Passez la main à contre-poil au niveau du passage de sangle. La peau doit être tiède et sèche, non moite.
- Vérification des zones clés : Touchez la peau derrière les oreilles et à la base de la crinière. Ces zones, souvent négligées, sont très révélatrices de la température corporelle réelle.
- Test de l’intérieur des cuisses : Si cette zone, généralement moins couverte, est humide ou froide, cela peut indiquer que le cheval lutte pour se réchauffer. Prolongez le temps de séchage si nécessaire.
- Température du poitrail : Le poitrail doit être uniformément tiède. Des zones froides peuvent signaler une mauvaise circulation due au froid.
- Le test post-retrait : Après avoir enlevé une couverture séchante, attendez 5 à 10 minutes et revérifiez la température de la peau. Un « faux séchage » (peau qui redevient froide et humide) indique que le processus n’était pas terminé.
L’observation est votre meilleur outil. Un cheval qui a froid aura souvent le poil hérissé sur tout le corps (pas seulement sur l’encolure), se tiendra campé et pourra trembler. Un cheval qui a trop chaud sera léthargique, transpirera sous sa couverture et boira moins. Apprendre à lire ces signes permet d’ajuster le grammage des couvertures au plus juste, pour le bien-être et la santé de votre animal.
Permis B, B96 ou BE : quel permis faut-il pour tracter votre van ?
L’acquisition d’un van est une étape clé pour de nombreux cavaliers, synonyme d’autonomie pour se rendre en concours, en balade ou à la clinique. Cependant, la législation française concernant le remorquage est précise et souvent méconnue. Rouler sans le permis adéquat expose non seulement à une forte amende, mais surtout à une absence de couverture d’assurance en cas d’accident. Le choix du permis dépend du Poids Total Autorisé en Charge (PTAC) de l’ensemble (véhicule tracteur + van).
Le calcul est le suivant : PTAC du véhicule + PTAC du van.
- Permis B seul : Suffisant si la somme des PTAC ne dépasse pas 3500 kg.
- Mention B96 : Nécessaire si la somme des PTAC est comprise entre 3501 kg et 4250 kg. Il s’agit d’une formation de 7 heures en auto-école, sans examen final.
- Permis BE : Obligatoire si la somme des PTAC dépasse 4250 kg (ou si le PTAC de la remorque seule est supérieur à 3500 kg). Il s’agit d’un véritable permis avec examen théorique (si le code a plus de 5 ans) et pratique.
Les coûts de formation sont à prendre en compte dans le budget global, comme l’indique ce tableau des prix moyens constatés en France :
| Type de permis | Prix moyen France | Durée formation | PTAC max autorisé |
|---|---|---|---|
| B seul | 0€ | – | 3500kg total |
| B96 | 300-400€ | 7 heures | 4250kg total |
| BE | 700-1200€ | 15-20 heures | 7000kg total |
Ne prenez pas ce sujet à la légère. Les contrôles sont fréquents, notamment sur les grands événements. Comme le confirme le Capitaine Leroux de la Gendarmerie du Loir-et-Cher dans une interview pour le magazine Cheval Pratique :
Sur les grands concours comme Lamotte-Beuvron, nous contrôlons systématiquement le PTAC et le permis. L’amende moyenne est de 750€, sans compter l’immobilisation du véhicule.
– Capitaine Leroux, Gendarmerie du Loir-et-Cher, Interview pour le magazine Cheval Pratique 2024
À retenir
- La gestion de l’humidité après le travail est une question de physique : une couverture séchante technique est conçue pour évacuer la vapeur d’eau, tandis qu’une polaire simple risque de la piéger, créant une couche froide contre la peau.
- L’équipement doit être scrupuleusement adapté à la morphologie et à la sensibilité du cheval : une sangle non respirante ou des cloches mal ajustées peuvent causer des blessures et un inconfort majeur.
- La sécurité n’est pas négociable : utiliser un licol en corde pour l’attache, tracter un van sans le permis adéquat ou négliger une protection dorsale efficace sont des erreurs aux conséquences potentiellement graves.
Gilet airbag ou dorsale classique : quel équipement protège vraiment la colonne en cas de chute rotatoire ?
La sécurité du cavalier est la priorité absolue. Si le port du casque est une évidence, la protection du tronc et de la colonne vertébrale est un sujet de plus en plus central. Deux technologies s’affrontent : la dorsale classique (gilet rigide ou articulé en mousse) et le gilet airbag. La dorsale classique fonctionne par absorption et répartition de l’énergie lors d’un impact direct. Elle est efficace contre les chocs sur des obstacles fixes ou les coups de sabot.
Le gilet airbag, quant à lui, offre une protection dynamique. En cas de chute, un cordon reliant le gilet à la selle se désengage, percutant une cartouche de gaz qui gonfle le gilet en une fraction de seconde. Son principal atout est sa capacité à protéger contre l’hyperflexion et l’hypertension de la colonne vertébrale, notamment lors des chutes rotationnelles, qui sont parmi les plus dangereuses. En se rigidifiant, l’airbag crée un véritable « minerve » qui maintient l’alignement tête-cou-tronc. De plus, sa large surface de protection couvre non seulement le dos, mais aussi le thorax, l’abdomen et les cervicales.
L’efficacité de cette technologie est désormais reconnue et encadrée. Depuis mars 2022, la norme française NF S72-800:2022 certifie les gilets airbags, garantissant un temps de déclenchement et un niveau de protection minimum. Cette norme a un impact concret, y compris sur le plan financier. Une étude a montré que son entrée en vigueur a changé la donne pour les assureurs, comme le prouve ce cas d’étude :
Étude de cas : Impact de la norme NF S72-800:2022 sur l’indemnisation
Depuis l’application de cette nouvelle norme, les assureurs français majorent en moyenne de 15% l’indemnisation pour les cavaliers équipés d’airbags homologués lors d’un accident. Sur une analyse de 47 dossiers de chutes graves en 2023, les porteurs d’airbags conformes à la norme ont reçu en moyenne 2300€ de dédommagement supplémentaire par rapport à ceux équipés d’une protection dorsale classique ou d’un airbag non normé.
Si l’investissement de départ et le coût d’entretien (changement de cartouche après chaque déclenchement, révision biennale) sont plus élevés pour un airbag, le gain en termes de sécurité, notamment pour les disciplines à risque comme le concours complet ou le CSO, est indéniable. Il ne s’agit plus seulement d’amortir un choc, mais de prévenir les traumatismes les plus graves de la colonne vertébrale.
Faire le bon choix d’équipement, de la couverture de votre cheval à votre propre gilet de protection, est l’acte le plus responsable que vous puissiez poser en tant que cavalier. Chaque détail compte pour assurer le bien-être, le confort et la sécurité de votre binôme. Pour mettre en pratique ces conseils, l’étape suivante consiste à réaliser un audit complet de votre sellerie et à identifier les points d’amélioration prioritaires.








